Philippe JAFFEUX

Créé le : 14/11/2012

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Le vide est un plein

Le vide est un plein

l'écriture de Philippe Jaffeux

 

Le classicisme se régénère en effectuant un retour à sa propre source, pour continuer son cours en avançant. « Il faut être résolument moderne », en tenant « le pas gagné ». Ce pourrait être une des clés de lecture d'Alphabet, des Courants ou de Deux, et l'on devrait encore citer Rimbaud : « Lisez-moi littéralement et dans tous les sens ». Pourquoi citer Rimbaud ? Car Philippe Jaffeux est partie prenante d'une tradition littéraire et reconnaît en l'autre la tradition ou l'absence de tradition. Ses lectures – le Tao, auquel il se réfère très souvent, la poésie expérimentale et tout un échafaudage non visible de sciences humaines sont présents dans ses livres – ses lectures ne font pas qu'enrichir sa pensée, elles aiguisent son écriture, elles sont devenues cet autre corps de Philippe : le corps du texte, le plus vrai, celui qui ne peut pas mentir et qui n'est démenti par rien au monde sinon l'incrédulité des vrais naïfs. Ainsi, le IL de Deux est l'Auteur Éternel, celui-là même, ce Grand-Corps fait d'une somme de vies successives, parallèles, tressées jusqu'au nœud d'une intrigue sans intrigue, de réponses à une question qui n'est jamais posée. Autant de successions d'entrées où l'on repart à zéro à chaque réplique, où l'on doit passer par la re-découverte pour ne jamais finir – puisque ce livre n'a pas de fin, à l'image de sa Quête, et que si la Quête aboutissait, ce serait la fin de tout. Accepter l'infinitude du vide, là serait donc une autre clé, peut-être plus importante encore : là serait l'apprentissage de la douleur et de la mort dans cette vie. Entre Hasart et complexité, un écart se creuse au creux de quoi s'arrêter, songer, inventer un autre rythme, un plus lent ; entre IL et eux, entre ils et LUI... « Notre quête s'installe dans une méthode qui épuise les rituels de son alphabet initiatique. Les mots qui ouvrent nos bouches savent pourquoi nous sommes enfermés dans une langue qui nous ignore. Nous contemplons l'action convulsive d'une atmosphère qui excite une respiration de nos yeux. »  Évidemment, nous n'avons que cela à offrir : le vide, le vide même ou, sinon le vide, le vide couronné de rien, puis l'absence de quelque chose qui n'a jamais été là, tout tué, fini dans la splendeur. Et, ce vide, le plus souvent, est la conséquence d'une saturation. Voilà pourquoi les fenêtres de l'appartement de Philippe Jaffeux sont à la fois vides, et, comment dire : elles débordent de mots... 

De : Nicolas Jaen   Lancer une recherche
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