Philippe JAFFEUX

Créé le : 14/11/2012

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I.D n° 697 : La marque du poète

L’an dernier, à la même époque, je rendais compte ici-même d’Ecrit parlé, éclairante plaquette reproduisant les réflexions et confidences de Philippe Jaffeux interrogé par Béatrice Machet, que venait de publier Passage d’Encres, et que sur son stand du Marché de la poésie m’avait remise l’éditrice Christiane Tricoit. En ouverture à l’I.D n° 639 qui s’en suivit, je résumais en premier lieu le constant accompagnement qui fut le nôtre, de ce poète - depuis le premier manuscrit d’Alphabet qu’il nous avait adressé -, accompagnement dont le point culminant me semble avoir été le dossier Philippe Jaffeux, une nouvelle ligne, qui constituait Les Ruminations de Décharge 157 (Mars 2013), où pour la première fois, le poète acceptait de se confier et commentait sa si singulière démarche. 
 

Un an plus tard, - et Christine Tricoit n’est plus [1], - on est en droit de s’étonner, de s’en réjouir aussi, d’une manière d’emballement autour de l’œuvre, somme toute pas si facile à appréhender, grossie de trois livres supplémentaires, comme si l’auteur lui-même était saisi par l’urgence (ce qui est peut-être le cas), tandis que se multiplient les signes de reconnaissance par lesquelles s’établit aujourd’hui une notoriété : Philippe Jaffeux est ainsi l’invité actuel de la revue Sur Zone sur Poezibao, où l’on peut lire des extraits de Mouvement, texte en cours d’écriture ; et on l’a retrouvé, plus vif que mort, sur la table de Dissection du numéro 32 de la revue Dissonance(Jacmo en a fait sa Revue du mois de juin), où il succède à Lambert Schlechter et Ivar Ch’Vavar, pas moins.

Tout ceci s’accompagne d’un mouvement d’appropriation de la part des gros bras de la critique poétique actuelle – et les derniers volontiers passeront pour avoir été les premiers – tout à fait perceptible dans le prière d’insérer fourni par les éditions Tinbad à l’occasion de la publication de Deux, l’ouvrage le plus intéressant, reconnaissons-le, parmi les trois auxquels nous avons à nous référer ici : Il y a de nombreux textes sur son travail et principalement sur internet : sitaudis, lelitteraire.com, En attendant Nadeau, Poezibao, Recours au poème, etc. Ainsi s’écrit l’histoire. (Etonnons-les en rappelant par exemple qu’une revue papier, comme Les Cahiers de la Rue Ventura, plus attachée il est vrai à René-Guy Cadou [2] et ses émules qu’à des écritures expérimentales, publiait néanmoins dès décembre 2013 des extraits de Courants, et trois trimestre plus tard rendait compte de ces Courantsdans son n° 25).

Revenons à ce qui nous importe, les publications de Philippe Jaffeux au cours de ces douze derniers mois : Entre, aux éditions Lanskine, fut le premier, et à mes yeux, le moins convaincant : n’était-ce point là le livre d’un auteur à bout de souffle, qui usait d’un truc (mallarméen en diable, pensez-donc : le texte avait été ponctué de manière aléatoire, à l’aide une paire de dés ! ) à épater le gogo ? Écarté la prouesse d’escamoteur, il apparaissait que Philippe Jaffeux exploitait une fois de plus sa trouvaille, le souffle (et la ligne) qui constitue ce que récemment encore il dénommait le courant, devenu à la fois sa marque et sa signature, dont la multiplication et l’agglomération, selon des modalités diverses et renouvelées, constituent les textes qu’il nous soumet, à l’instar d’une pratique d’accumulation qui rappelle celle naguère d’un Jean-Luc Parant, de ses boules et de ses yeux [3]. ou des artistes de support/surface. Avec son côté productiviste assumé, la machinerie textuelle de Philippe Jaffeux est comme l’ombre de la production industrielle, chaque produit que constitue un livre ne différant d’un autre que par des nuances incitant à le consommer, à l’égal du Samsung Galaxy dont on peut acquérir désormais la version en bleu corail (coral blue) !

Mais il s’agit aussi de ne pas négliger le côté joueur de Philippe Jaffeux, dont le sens de l’humour, assez particulier il est vrai, renvoyant à sa pratique même et à ses modes, n’est jamais suffisamment souligné. Ludisme une nouvelle fois à l’œuvre dans la plaquette de 26 Tours (26, nombre fétiche : nous aurons à y revenir), le dernier-né (Plaine page éd.) : ce livre tournant éclipsant l’écran de ton ordinateur pétrifié …

Et je réserve la lecture de Deux, aux éditions Tinbad, pour le prochain épisode (soit l’I.D n° 697 bis)..

De : Claude Vercey   Lancer une recherche
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