Philippe JAFFEUX

Créé le : 14/11/2012

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I.D n° 497 : Des lignes à haute tension

En mars 2013, était publié dans Décharge 157 un dossier Philippe Jaffeux où je m'efforçais de tracer la trajectoire décidément exemplaire de ce poète, trajectoire que j'ai eu la chance d'accompagner et de commenter depuis ses débuts. Après un choix de Courants (issus de Courants I, la nuit ; Courants II, le péril ; Courants III, le chaos), l'auteur acceptait tout à fait exceptionnellement que soient reproduits ses propos, à travers un condensé de nos échanges internautiques sur la forme nouvelle qu'il avait initiée, forme d'une simplicité assez confondante au demeurant, autant que d'une rare expressivité, et qui correspond à la fois à ses moyens physiques actuels et à une démarche novatrice : Aucun de ces Courants n'a été écrit, expliquait-il; ils ont tous été enregistrés avec un dictaphone numérique et ma voix à été ensuite retranscrite grâce à un logiciel de reconnaissance vocale. Il constatait : Mes Courants se rapprochent des aphorismes ou des paradoxes parce qu'ils s'appuient sur une contradiction. Ils essayent aussi d'avoir l'effet déstabilisant et renversant des Koans, liés aux illuminations et à l’éveil.

Si je qualifie d'exemplaire sa trajectoire, c'est que par sa progression à travers la diversité des médias grâce auxquels cette poésie a émergé, elle semble un cas d'école : blogs et sites l'accueillant d'abord, repérée à la suite par quelques voix critiques crédibles, et désormais – c'est là l'actualité qui justifie cette chronique – mise en avant par des éditeurs d'importance : l'Atelier de l'Agneau et l'Atelier Vincent Rougier. On s'aperçoit ainsi, soit dit en passant, de la complémentarité actuelle, transitoire il se peut, des divers médias qu'on présentait a priori comme antagonistes, que s'est établie pour l'heure une manière d'équilibre entre les services rendus par internet et les livres.

Françoise Favretto et L'Atelier de l'Agneau ont été les premiers éditeurs à s'intéresser à l'écriture de Philippe Jaffeux. Après O l'an, un extrait de la formidable construction textuelle et numérique de l'Alphabet, (présenté dans les I.D n° 359 & 359 bis) par laquelle le poète avait su nous intriguer, l'Atelier de l'Agneau, toujours attentif aux écritures innovantes, publie sur 68 pages une longue litanie de Courants blancs. Dans le même temps, la collection Ficelle, plus éclectique, ouverte à diverses formes expressives, accueille 505 Courants s'exprimant sur le Vide, et donne une chance à l'auteur d'échapper à une étiquette avant-gardiste. Car si la poésie de Philippe Jaffeux peut être légitimement qualifiée de poésie expérimentale, elle est aussi, et c'est sa grande force, accessible au plus grand nombre : on a vu ainsi les revues Sitaudis et Boxon la promouvoir aussi bien que Comme en poésie ou les Cahiers de la rue Ventura.

Tous les mots arrivent à propos s'ils cherchent leur place dans des phrases intempestives.

Son émerveillement était sans limites lorsqu'il mesurait la blancheur de sa page désenchantée.

Il mémorisait ses phrases afin de refroidir ses souvenirs avec un vieil ordinateur.

Il remplaçait chaque mot qu'il était sur le point d'écrire pour créer un palimpseste imaginaire.

(Philippe Jaffeux Courants 505 : le videficelle n° 117)

De : Claude Vercey   Lancer une recherche
Par : http://www.dechargelarevue.com
Source article : http://www.dechargelarevue.com/id/?art=595

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