Philippe JAFFEUX

Créé le : 14/11/2012

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« Parce que la parole est notre seule lumière » Par Claude VERCEY

Avec Philippe JAFFEUX , on en n’a jamais fini : à peine avais-je mis en ligne en cette fin de mois de mars 2014 , sur le site www.dechargelarevue.com , une recension de ses dernières publications , que je recevais en réponse et en remerciement de l’auteur un envoi de 1820 Courants, la forme nouvelle dans laquelle désormais il s’exprime et dont les Cahiers de la Rue de Ventura n°22 donnaient naguère 69 exemples de ses monostiques. Je renvoie donc d’abord à ce numéro dans lequel, à l’occasion de la publication de N aux éditions Passage d’encres, je faisais le point sur cette œuvre, en tous les sens du terme, débordante.

Rappelons d’abord ce que Philippe JAFFEUX me confiait, dans le dossier que je lui consacrais dans Décharge 157 : aucun de ces Courants n’a été écrit, expliquait-il ; ils ont tous été tous été enregistré avec un dictaphone numérique et ma voix a été ensuite transcrite grâce à un logiciel de reconnaissance vocale. Il constatait : Mes Courants se rapprochent des aphorismes ou des paradoxes parce qu’ils s’appuient sur une contradiction. Ils essayent aussi d’avoir l’effet déstabilisant et renversant des Koans, liés aux illuminations et à l’éveil (3).

La trajectoire de cette œuvre mérite d’être qualifiée d’exemplaire tant sa progression à travers la diversité des médias paraît un cas d’école : blogs et site l’accueillirent d’abord, elle fut repérée à la suite quelques voix critiques crédibles, et désormais – c’est là l’actualité qui justifie cette chronique-est mise en avant par des éditeurs d’importance : l’Atelier de l’Agneau et l’Atelier Vincent Rougier. On s’aperçoit ainsi de la complémentarité actuelle, transitoire il se peut, des divers médias qu’on présentait a priori comme antagonistes, que s’est établi par l’heure une manière d’équilibre entre les services rendus par internet et les livres ?

Françoise FAVRETTO et l’Atelier de l’Agneau ont été les premiers éditeurs à s’intéresser à l’écriture de Philippe JAFFEUX. Après Ô l’an, un extrait de la formidable construction textuelle et numérique de l’Alphabet(1), par laquelle le poète avait su nous intriguer, l’Atelier de l’Agneau, toujours attentif aux écritures innovantes, publie sur 68 pages une longue litanie de Courants blancs. Dans le même temps, la collection Ficelle, plus éclectique, ouverte à diverses formes expressives, accueille 505 Courants s’exprimant sur le Vide, et donne une chance à l’auteur d’échapper à une étiquette avant-gardiste. Car si la poésie de Philippe JAFFEUX peut être légitimement qualifié de poésie expérimentale,  elle est aussi, et c’est sa grande force, accessible au plus grand nombre : on a vu ainsi les revues Sitaudis et Boxon la promouvoir aussi bien que Comme en poésie ou les Cahiers de la rue Ventura.

Il renonça enfin à être un autre à l’instant où il renonça à être lui-même.

Un loup humain contemple des hommes qui s’entretuent sauvagement.

Il torturait ses pages blanches afin d’extorquer des aveux angoissants au silence.

L’Alphabet est l’ombre du silence parce que la parole est notre seule lumière.

(Philippe JAFFEUX Courants 505 : le vide-ficelle n°117)

 

Après coup : Passage d’Encre a pris résolument le parti de Philippe JAFFEUX : après N (voir l’article : de N et de joie), c’est bien tout Alphabet que ces téméraires éditions semblent résolues à publier. Vient de paraitre sur 396 pages grand format (1,750 kg !) un premier tome : Alphabet, de A à M : 30 euros (collection Traces-Moulin de QUILIO-56310 GUERN)

De : Claude Vercey   Lancer une recherche
Par : http://clcailleau.unblog.fr/2011/09/28/14/
Les cahiers de la rue Ventura n°25
9, rue Lino Ventura 73300 Sablé-sur-Sarthe

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