Philippe JAFFEUX

Créé le : 14/11/2012

philippejaffeux@hotmail.fr
 
 
Articles > Sur Alphabet de A à M  >  Philippe JAFFEUX, Alphabet et autres œuvres

Philippe JAFFEUX, Alphabet et autres œuvres

« Nous sommes moins nombreux que les chiffres parce que l’infini est inhumain »
        (Philippe JAFFEUX, Courants 505 : Le vide, Ficelle n°117, Rougier V. éd., 2014)

Longtemps ces textes hantent, fascinent…L'énergie naît du manque et s'accouple à la couleur
du désespoir. L’énergie naît du manque comme du silence nait la langue. Le vide cristallise la
présence. Le vide est big bang. Plus le manque se fait cuisant, plus l’énergie se fait irrépressible.
Ces énergies-là, ici ou là, percent la croûte terrestre, libèrent les belles irruptions.
Chez  Philippe JAFFEUX,  il  s'agit même  d’un maelström solaire. Mots,  phrases,  courants,
flux . . . fusent sans discontinuer de cette centrale atomique majeure jusqu'a ce quelle disparaisse
d'elle-même, de  sa belle vocation à épuiser son énergie vitale, objet céleste trop prodigue pour
briguer l'éternité. Du reste, elle lui serait, on le sait, interdite.
Peut-être que les chiffres et leurs combinaisons numériques infinies pourraient tenter l'aventure
du déchiffrement du principe de cette énergie astrale. Peut-être. Rien ne nous permet d'aller au-
delà de l'hypothèse. L'extension absolue de I'univers reste impensée pour Ic cervcan humain, du
moins pour le moment.
Mais déjà les lettres et leurs innombrables modalités combinatoires par mots et par phrases ont
de quoi l'occuper, tellement incalculables, semble-t-il, pour un analphabète, qu'elles lui donneraient
volontiers  La Nausée.  Pas à Philippe JAFFEUX et sa patiente énergie.  Encore plus abordables
aujourd’hui, grâce à la tonic puissance des ruches d’ordinateurs surpuissants et a leur pensable
évolution hyperbolique, même si elles restent en-deçà des exploits des chiffes évoqués ci-dessus.
La fascination reléguée au loin, reste a la maigre puissance humaine – bien aidée par la fabuleuse
prothèse informatique - que seul l’esprit humain est capable d’imaginer/formuler/cerner - autant
qu'il le peut - le foisonnant pouvoir de la plus grande création humaine (et encore, est-ce bien sa
création ?  Dans quelle mesure lui appartient-elle ?) qu'est la parole, ses lettres et sons, ses
mots et ses phrases, jusqu’à sou envoutant pouvoir d'influer sur le réel et de changer la vie.
C'est  cela que s'adonne Philippe JAFFEUX. Son cerveau se fait réceptacle (ce mot fait plus
humain que le mot ordinateur). Et de tout cela ? se demande-t-on . . . c'est l’humain, tel qu'en lui-
même, qui petit à petit se dessine. Homme nu, rayonnant, raisonnable ou raté. Que d’énergie de
pensées tous azimuts et, sous  un  firmament  parfois  déchirant  de beauté quel  gâchis ou, plus
simplement, quels trépignements de handicapés que souvent nous sommes ! A chacun de se voir.
Abnégation ? Oblation ? Simplement la rectitude planifiée du courage de regarder le réel en face        , loin dc  toute idéologie captatrice et colonialiste, d'intégrer et poursuivre la création dont
nous sommes -ou devrions- être partie prenante de la naissance à la mort.
Destinée commune à tous.  Maia combien  en acquièrent la certitude durant leur - courte  
existence, et quel que soit le vecteur de sa propre connaissance, du champ a la mine, de l'étude à l'œuvra d'art, ce désir / besoin de se coltiner tous les possibles de s’en dépatouiller, de construire
pas a pas sa propre voi(x), ce à quoi Philippe JAFFFUX nous initie si bien.
L’auteur a lui seul, afin d’ouvrir constamment son  écriture à tous les vents, de la féconder de toutes
les archéologies, découvertes fondamentales, innovations  technologiques, embrasse d’un coup
d’œil les trouvailles de L’O.U.L.I.P.O.  Il les sur-réalise. D’où ce fleuve qui n'atteindra sans doute
jamais  la mer  tant il se  fait mère lui-même et, de  facto, se  hisse  dans la catégorie des grands
océans, de ceux dont on s’aperçoit si facilement finalement la belle couverture bleue dans l'espace intersidéral.
Pour aborder cette masse de mots, on se fait peur, on se cherche prudemment des ports, lettre à
lettre, on se risque  à de petites aventures littéraires, convaincu, an fond, comme Ulysse, qu’on a
peu de chances de rentrer chez soi. De rentrer indemne. Ultime erreur ? Cette masse de mots
ressemble à cette foison de lignes d'ordinateur (hé ! quand on n’a plus la main . . .) qui s'entassent
les unes sur les autres et finissent par rendre évident le visage interrogateur qui nous fait face. . .

De : Paul Badin   Lancer une recherche
Par : http://inks-passagedencres.fr
Source article : http://inks-passagedencres.fr/spip.php?article233

Contact - Retour
 PRÉCÉDENT  PRÉCÉDENT  Le flotoir sur alphabet de ... Sur Alphabet de A à M LES QUATRE VENTS DE LA POÉ...  SUIVANT  SUIVANT